Vous ouvrez le frigo, vous tombez sur un yaourt « à consommer de préférence avant hier », et votre cerveau hésite entre “on jette pour être tranquille” et “on goûte pour être malin”. Rassurez-vous : ce dilemme est un grand classique… et l’une des causes les plus fréquentes de gaspillage alimentaire.
Entre DLC, DLUO et DDM, on mélange souvent deux choses très différentes : la sécurité (quand il ne faut pas prendre de risque) et la qualité (quand un produit peut être encore consommable). Dans cet article, on remet de l’ordre dans les sigles, et on ajoute un chapitre essentiel : les fruits et légumes, qui n’ont pas de date… mais ont plein d’indices.
DLC : Date Limite de Consommation (la date à respecter)
La DLC correspond à la mention « À consommer jusqu’au… ». Elle concerne des aliments fragiles d’un point de vue sanitaire. Ici, on ne parle pas de goût ou de texture : on parle de sécurité pour éviter l'intoxication alimentaire.
On la trouve sur quels produits ?
- Viandes et volailles fraîches (viandes rouges, blanches et charcuterie comme le jambon par exemple)
- Poissons et produits de la mer (crevettes, crabe, langoustes et langoustines, tourteaux, araignées de mer, huitres, moules),
- Plats cuisinés réfrigérés,
- Certains produits laitiers très frais : fromage blanc, faisselle, brousse, ricotta fraîche... Plus globalement les denrées au lait cru non UHT (non stérilisé), les crèmes fraîches crues ou non stérilisées, les desserts lactés frais (mousse au chocolat, riz au lait, semoule au lait, flans, crèmes dessert artisanales...), les beurres au lait cru.
Que faire si la DLC est dépassée ?
Après la DLC, le risque de développement microbien augmente : on ne consomme pas. Ce n’est pas le moment d’être aventureux (même si vous avez l’âme d’un explorateur). Attention également : on ne recongèle pas un produit décongelé !
Attention : la DLC suppose une bonne conservation
Une DLC n’est valable que si le produit a été conservé correctement : chaîne du froid respectée, emballage intact, température de frigo adaptée. Et dès qu’un produit est ouvert, la règle devient : on se fie aux indications “après ouverture” (quand elles existent) et on consomme rapidement.
Pour en savoir plus sur les dates de péremption et la réglementation en vigueur, consultez le site du Service Public .
DLC = sécurité. Si elle est dépassée, on ne prend pas de risque.
DLUO & DDM : la date qui fait peur… pour rien (souvent)
La DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale) a été remplacée par la DDM (Date de Durabilité Minimale). Vous la reconnaissez grâce à la mention : « À consommer de préférence avant… ».
Ici, changement d’univers : dépasser une DDM ne veut pas dire “danger”, mais plutôt “qualité optimale peut-être un peu moins au top”. Ces aliments, bien qu'emballés peuvent perdre du croquant ou au contraire devenir plus secs, avoir moins de saveur, un peu moins d’arôme… mais le produit reste, la plupart du temps, ces denrées restent consommables.
DDM : quid des produits (quasi) impérissables
Certains produits ont la réputation de « ne jamais périmer ». Ce n’est pas tout à fait vrai, mais ils restent très stables dans le temps, surtout lorsqu’ils sont bien conservés.
Les produits concernés
- pâtes, riz, semoule, farine,
- légumineuses sèches (lentilles, pois chiches, haricots secs…),
- sucre (blanc, roux, cassonade, sucre glace), sel (fin, gros sel, fleur de sel),
- miel le champion de la conservation. Il peut cristalliser, changer de texture, mais il reste consommable.
- vinaigre (vinaigre de vin, de cidre, balsamique, blanc), il ne périme pas mais un dépôt peut se former avec le temps.
- épices(poivre, cumin, curcuma, cannelle, paprika (non mélangés)) et herbes sèches comme par exemple les herbes de Provence,
- conserves non ouvertes (pas gonflée, pas rouillée, pas fuyante).
Les faux amis (qu’on croit éternels… mais non)
- les huiles (olive, tournesol, colza…) : elles rancissent avec le temps. Pas dangereuses au sens strict, mais très désagréables au goût et à l’odeur.
- la farine : elle peut rancir (à cause des graisses résiduelles) ou attirer des insectes si elle est mal stockée.
- les fruits secs et oléagineux (noix, amandes, noisettes) : ils rancissent aussi, surtout à température ambiante.
Ce qui peut évoluer avec le temps
- perte de goût ou d’arôme,
- texture moins agréable,
- temps de cuisson plus long (notamment pour les légumineuses sèches).
👉 Là encore, on observe : si l’aspect, l’odeur et le goût sont normaux, il n’y a généralement pas de risque.
Comment décider, concrètement ?
On passe en mode “inspection du bon sens” : emballage (gonflé ? abîmé ?), odeur (ranci ? étrange ?), aspect (moisissures ?), goût (si tout le reste est OK). Et si vous avez un doute sérieux : on s’abstient.
DDM (ex-DLUO) = qualité. Souvent, c’est encore consommable après la date.
Pourquoi on se trompe entre DLC et DDM (et comment éviter)
Parce que les deux dates sont imprimées presque pareil… mais ne veulent pas du tout la même chose. Résultat : par prudence, on jette. Et le gaspillage s’installe, tranquillement, au fond de la poubelle.
Le bon réflexe
- “À consommer jusqu’au” = DLC = je respecte.
- “De préférence avant” = DDM = j’observe et je juge.
Et la conservation dans tout ça ?
Même une DDM “large” ne sauvera pas un produit mal conservé. À l’inverse, un produit bien stocké (au sec, à l’abri de la chaleur, dans un contenant hermétique) garde souvent sa qualité plus longtemps.
Et si le produit est ouvert ?
Une date de péremption s’applique toujours à un produit non ouvert. Dès qu’un emballage est ouvert, la règle change : le compte à rebours démarre.
Beaucoup de produits indiquent alors une mention du type : « à consommer dans les X jours après ouverture ». Cette indication doit être prise au sérieux, surtout pour les produits frais.
Les bons réflexes après ouverture
- Refermer soigneusement l’emballage ou transvaser dans un contenant hermétique.
- Noter la date d’ouverture si besoin (surtout pour les sauces, crèmes, produits frais).
- Observer l’odeur, la texture et l’aspect avant chaque utilisation.
- En cas de doute (odeur étrange, moisissure, texture inhabituelle) : on ne force pas, on jette.
👉 Un produit ouvert se juge beaucoup moins à sa date… et beaucoup plus à son état réel.
Fruits & légumes : comment repérer s’ils sont abîmés (et quand les manger)
Les fruits et légumes frais n’ont généralement pas de DLC ou de DDM. Ici, la star du spectacle, c’est vos sens : la vue, l’odorat, le toucher. Et ça tombe bien : c’est souvent plus fiable qu’un chiffre sur un emballage.
Signes “OK” (souvent) : ce n’est pas beau, mais c’est bon
- Peau fripée (pomme, carotte, courgette) : c’est de la déshydratation, pas un danger.
- Petites taches ou marques superficielles : on peut retirer la partie abîmée.
- Un peu mou (sans odeur suspecte) : parfait pour soupe, purée, compote, gâteau, smoothie.
- Très mûr : souvent au top côté goût, juste moins “présentable”.
Que faire des fruits et légumes abîmés ou flétris ?
Un fruit un peu mûr, une carotte qui fait la tête, une salade flétrie… ce n’est pas (forcément) une condamnation. Souvent, c’est juste un produit qui n’est plus au top côté croquant, mais encore parfait pour cuisiner. L’idée : observer, trier, puis transformer.
1) Faire le tri : ce qu’on peut garder (et ce qu’on évite)
- OK la plupart du temps : peau fripée, légumes un peu mous, petites taches superficielles, marques de coups (on retire la partie abîmée).
- À éviter : odeur anormale, texture visqueuse, jus trouble/mousse suspecte, moisissures étendues (surtout sur aliments très aqueux : fraises, framboises, tomates…).
2) Les meilleures idées anti-gaspi (selon l’état)
- Légumes flétris (courgettes, carottes, poireaux, blettes…) : soupe, velouté, purée, gratin, poêlée, wok, quiche.
- Tomates très mûres : coulis, sauce tomate, shakshuka, tarte, ratatouille.
- Salades flétries : poêlées ou gratinées (oui, oui), ou en “fondue” rapide avec ail/oignon.
- Fruits trop mûrs (bananes, pommes, poires, kiwis…) : compote, smoothie, confiture, crumble, gâteau, banana bread.
- Agrumes un peu secs : zeste + jus pour pâtisserie, sauces, marinades, vinaigrettes.
- Herbes aromatiques fatiguées : pesto, huile aromatisée, beurre aux herbes, congélation (hachées).
3) Deux astuces qui changent tout
- Le bac “à cuisiner vite” : un coin du frigo dédié aux produits à utiliser en priorité. Ce qui se voit se mange. Ce qui se cache… finit en archéologie alimentaire.
- Le congélateur au bon moment : si vous voyez que vous n’aurez pas le temps, congelez avant que ça ne s’abîme (coulis, fruits en morceaux, herbes…).
Quand un fruit/légume n’est plus “instagrammable”, il est souvent parfait pour la cuisine : soupe, gratin, purée, compote, confiture, cake… bref, tout ce qui finit par vous faire dire “j’aurais dû faire ça plus tôt”.
Idée recette anti-gaspi : quand la salade flétrie devient un gratin réconfortant
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Signes “stop” : là, on ne force pas
- Moisissures étendues (surtout sur aliments très aqueux : fraises, framboises, tomates, pain…)
- Odeur fermentée ou anormalement forte (hors aliments qui fermentent volontairement !)
- Texture visqueuse, glissante, ou suintement étrange
- Jus trouble/mousse suspecte sur fruits coupés ou préparations
Et pour les œufs ? Comment savoir s’ils sont encore bons
Très bon cas pratique, les œufs méritent leur chapitre à part 🥚 Simples en apparence… mais souvent mal compris côté conservation.
La date sur les œufs : ce qu’elle veut dire
Sur les boîtes d’œufs, on trouve une DDM (Date de Durabilité Minimale), indiquée par la mention « à consommer de préférence avant le… », fixée à 28 jours après la ponte.
👉 Cette date concerne surtout la qualité optimale, pas un danger immédiat.
Jusqu’à quand peut-on consommer des œufs ?
- Avant la date : aucun souci, en respectant une bonne conservation.
- Après la date (quelques jours à 1–2 semaines) : possible si les œufs sont bien conservés, bien cuits et sans odeur suspecte.
- Pour les préparations crues ou peu cuites (mayonnaise maison, mousse, tiramisu) : on reste strict et on utilise des œufs bien frais, avant la date.
Le test du verre d’eau (simple et efficace)
C’est le grand classique, et il fonctionne très bien.
Plongez l’œuf cru (avec sa coquille) dans un bol d’eau froide :
- il coule et reste à plat → œuf très frais,
- il coule mais se redresse → encore consommable, à cuire rapidement,
- il flotte → on jette.
Pourquoi ? Avec le temps, de l’air entre dans l’œuf à travers la coquille. Plus il flotte, plus il est vieux.
Les bons réflexes de conservation
- Conserver les œufs au réfrigérateur, idéalement dans leur boîte.
- Éviter les variations de température.
- Ne pas laver les œufs avant stockage (cela enlève la cuticule protectrice). On les lave juste avant utilisation, si besoin.
- Une fois un œuf cassé : on le consomme immédiatement.
Les signes qui doivent alerter
- Odeur de soufre ou d’œuf « pourri » à l’ouverture → sans hésiter, poubelle.
- Coquille très fissurée ou collante → on évite.
- Aspect anormal du blanc ou du jaune → prudence.
👉 Œuf bien conservé + bien cuit = marge de sécurité raisonnable après la date.
👉 Œuf cru ou peu cuit = fraîcheur maximale exigée.
Pour en savoir plus sur les œufs et leur conservation, découvrez notre article dédié : l’œuf, tout savoir sur ce trésor à coquille.
Les bonnes habitudes anti gaspi au quotidien
Éviter le gaspillage, ce n’est pas devenir un pro du frigo. C’est surtout mettre en place quelques réflexes simples, très efficaces… et franchement satisfaisants.
1) Ranger pour “voir” (sinon on oublie)
- mettez devant ce qui doit être consommé en priorité,
- regroupez les “à cuisiner vite” dans une zone dédiée (une boîte, un bac, un coin du frigo).
2) Cuisiner en mode “seconde chance”
- légumes un peu mous → soupe, purée, gratin, wok,
- fruits très mûrs → compote, smoothie, banana bread, crumble,
- herbes qui faiblissent → pesto, huile aromatisée, congélation.
3) Congeler au bon moment
Vous voyez que vous n’aurez pas le temps ? Le congélateur est votre allié. Idéalement, on congèle avant d’être au pied du mur (et avant DLC, bien sûr).
4) Se réconcilier avec les dates (sans s’angoisser)
Retenez ce duo : DLC = sécurité, DDM = qualité. Et pour le reste : observation.
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FAQ : vos questions fréquentes
Peut-on consommer un produit après sa DDM ?
Souvent oui, si le produit a été bien conservé et ne présente aucun signe anormal (odeur, moisissure, emballage gonflé, rancissement). La DDM indique une qualité optimale, pas un danger automatique.
Peut-on consommer un produit après sa DLC ?
Non : la DLC concerne la sécurité alimentaire. Si elle est dépassée, on ne consomme pas.
Une conserve peut-elle se garder “bien après” ?
Les conserves ont souvent une DDM longue. Si la boîte est intacte (pas de bombage, pas de fuite, pas de rouille perforante), le produit peut rester consommable au-delà de la date. En cas de doute, on s’abstient.
Je vois une petite moisissure sur un fruit : je coupe et je mange ?
Sur les fruits très aqueux (fraises, framboises), c’est plutôt non : la moisissure peut s’étendre “invisible”. Sur des fruits/légumes plus denses, on peut parfois retirer largement la zone touchée, mais si la moisissure est étendue ou si l’odeur est douteuse, on jette (et sans culpabilité).
Comment éviter d’oublier les légumes au fond du frigo ?
Le meilleur hack : un “bac à cuisiner vite” visible. Ce qui se voit se mange. Ce qui se cache finit en archéologie alimentaire.